Les ancêtres enclavés

Rien de particulier ne m'appelait au Congo lorsque j'y suis entré pour la première fois le 1er janvier 2010. Pourtant cette traversée du Congo à vélo allait profondément me troubler. A la différence des pays où le voyageur n'est qu'un homme de passage, les habitants du Congo m'interpellaient sur un arrêt. Ils m'interrogeaient sur un retour, une présence à leur côté qui se manifesterait à nouveau. J'étais installé dans une constellation familiale en tant que "frère" ou "oncle", et ce d'autant plus que j'étais Belge. J'allais être entraîné sans y prendre garde dans une histoire, ou plutôt une myriades de petites histoires qui questionnaient, sans cesse, un rapport dont les termes restent imprécis : Nord et Sud, colons et Congolais, bonheur et souffrances, ...

Parcours du Congo à vélo, 2012

J'ai décidé d'y retourner en 2012 en choisissant d'emblée un parcours difficile. Entré par Bangui en Centrafrique, j'ai rejoint le fleuve Congo avant de m'enfoncer en bicyclette dans la forêt tropicale. Toujours, j'ai été accueilli avec respect et un intense souci du visiteur. Plus ou moins isolés de notre monde, ces villages forment des enclaves culturelles qui invitent l'homme de passage à réfléchir à sa propre civilisation et aux rapports qu'elle pourrait nourrir avec les autres.

JoomSpirit