Flottements au Gabon

Les jambes et l'âme

Dessin de Frédéric Hainaut

C'est comme si ce voyage avait fait proliférer le continent africain. Des bouillonnements de matières et de visages sourdent d'une infinité de points éparpillés.

Ce foisonnement me désempare, je sais néanmoins que c'est sur ces lignes arrêtées en plein vol que j'ai envie de m'installer.

Je roule d'un bon rythme. Mes jambes accompagnent les flashs de la pensée. Je suis un instant dans le désert, un autre dans la forêt tropicale. Je pense aux richesses minières du Congo, au Rwanda qui n'en a pas et qui va se servir chez son voisin. Là, des villages semblent paisibles et heureux, ailleurs des visages sont tristes et fermés. Je vais vers le Tchad, enclavé à l'intérieur du Continent, je quitte le Gabon et son port ouvert sur l'Océan. 54 % des Congolais n'ont pas accès à l'eau potable contre seulement 2 % des Egyptiens ! Au Gabon les verts sont sombres, ils étaient éclatants en Ethiopie.

(Mitzic, le 4 avril 2010)

 

Baladeurs

En Afrique, à vélo. Bord de route entre Ndjole et Mitzic. Gabon

Mon esprit est devenu une mosaïque affolée. Qu'ai-je appris durant ce voyage ?

Je ne sais pas. Je laisse flotter.

Je suis à Bitam, dernière ville gabonaise avant le Cameroun. Je loge à l'Hôtel des voyageurs. C'est un beau nom.

(Bitam, le 6 avril 2010)

 

On verra...

Dessin de Frédéric Hainaut

Le vélo oblige à voyager avec peu. En s'arrêtant dans les villages africains, il se forme ainsi une sorte de climat où la rencontre naît du dénuement.

Ces rencontres ont toujours une intensité très particulière. La sensibilité et la pensée s'y concentrent et tracent leurs lignes légères, nouvelles et fragiles.

Aurai-je envie de les prolonger ou de les mettre dans une aventure collective une fois rentré en Belgique ?

(Ambam, le 7 avril 2010)

JoomSpirit